Le Miroir partie 10 
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Chapitre X : L'arrivée à Londres Le petit aéroport de Stansted n'était pas très grand, mais quand même beaucoup plus important que celui que Gaëlle venait de quitter, aussi depuis dix minutes, tentait-elle de trouver le départ des « Coach » pour Londres. Elle aperçut enfin un guichet annonçant « Stansted express ». Elle savait qu'il n'y avait pas de train aujourd'hui, mais décida quand même de se renseigner près du préposé, après tout, s'il était là, il devait bien y avoir une raison. En anglo-français ou franco-anglais, elle tenta d'obtenir des informations et fut extrêmement fière d'elle et de plus soulagée lorsqu'il lui tendit son billet pour la capitale. Trouver l'endroit d'où partaient les bus fut un peu plus compliqué. Pour ne pas paraître stupide, elle avait répondu « yes » à toutes les explications fournies par l'employé mais en fait, elle n'avait strictement rien compris. Elle tourna pendant quinze minutes avant de réussir à trouver son chemin mais finalement, elle put enfin, à son grand soulagement, s'installer dans le bus devant la mener à Liverpool Street. Gaëlle s'assit au deuxième rang, à côté d'une anglaise plutôt âgée. Elle pria le ciel que la vielle dame ne lui fasse pas la conversation et, pour éviter toute tentation de la part de sa voisine, ferma les yeux en simulant le profond sommeil. La radio fredonnait un air connu et Gaëlle essaya de se détendre. Elle manqua d'ailleurs s'endormir pour de bon car Il régnait une agréable chaleur à l'intérieur du véhicule, dehors, en revanche, il ne faisait pas chaud pour la saison, mais au moins, pensa Gaëlle, il ne pleuvait pas ! Qu'elle était ce bruit ? Gaëlle céda à la tentation d'ouvrir les yeux et constata que la vielle dame assise à côté d'elle ronflait paisiblement. La jeune femme sourit et reporta son intérêt sur la circulation. Elle s'imagina coincée dans sa petite voiture rouge au milieu du trafic, elle ne serait sûrement jamais arrivée à Londres intacte et aurait d'ailleurs sûrement pris le premier rond point en sens inverse ! D'après l'horloge située dans le car, juste au- dessus du pare-brise, il était 13h10. Gaëlle regarda sa montre, et bénit le décalage horaire en la retardant. A 14h10, la cérémonie aurait déjà commencé, la première du film de Thomas...car c'était vrai, elle allait pouvoir enfin voir Thomas ! Elle aurait voulu avoir le pouvoir de faire avancer le bus plus rapidement et n'aurait pas dédaigné l'aide d'une voiture munie d'un gyrophare pour lui ouvrir le chemin ! On traversait à présent ce qui semblait être une petite ville périphérique à la capitale. Tandis qu'ils étaient arrêtés à un feu rouge, un bus à impériale vint se glisser à leur gauche et Gaëlle le vit......elle vit le garçon, son visage ornait l'avant et sur fond bleu, des dessins représentant des éclats de miroir décoraient toute la longueur du véhicule, au dessus, était écrit : « Do'nt cross over The Mirror » Tandis qu'ils reprenaient leur route, la jeune femme remarqua que décidément la production du film n'avait pas lésiné sur la publicité. L'affiche était partout, et l'image de Thomas, tant sur les bus que sur les murs, était de plus en plus présente au fur et à mesure qu'on approchait de la capitale. Gaëlle se demanda à quoi devait penser Thomas en ce moment, qu'aurait-elle ressenti à sa place, que pouvait- on ressentir lorsqu'on se retrouvait à douze ans tout en haut du générique, lorsque tout vous souriait, décidément, il avait bien de la chance ce ........... Presque aussitôt cependant, une autre réflexion lui vint, et une image s'imposa à elle, celle d'un jeune garçon, étendu inerte au milieu d'éclats de verre, les yeux qui reflétaient tant de bleu sur les murs de la ville, fermés, d'après elle, à jamais ! La jeune femme frissonna, qu'est ce que cela pouvait bien signifier ? Qui pourrait faire du mal à Thomas ? Comment pouvait-on vouloir faire du mal à Thomas, le petit garçon si craquant avec son sourire inimitable. Et pourtant, il y avait eu ces rêves, pourquoi ?.....et cette désagréable boule qu'elle avait au fond de la gorge depuis plusieurs semaines. Lorsqu'elle rentrerait chez elle, tout ceci lui paraîtrait peut-être complètement idiot, sauf qu'elle n'aurait peut-être plus de « chez elle ». Le visage de Vincent remplaça dans sa tête celui du jeune garçon, et lui, il ne souriait pas du tout ! La jeune femme émergea soudain de ses pensées, le bus s'était arrêté. De l'autre côté de la rue, elle vit la gare de Liverpool Street entourée de hauts immeubles modernes, il était 13h 30. Elle descendit du véhicule et repéra un peu plus loin un grand cercle blanc entouré de rouge , en son centre , sur fond bleu était écrit le nom de la rue, ça devait être l'entrée du métro... Gaëlle avait lu dans un livre que ce que l'on appelait ici communément le « tube » comptait pas moins de 273 stations ! Il lui restait à peine vingt minutes, elle n'avait donc pas le temps de passer à l'hôtel, mais surtout, elle ne pouvait se permettre de se tromper de ligne ! Elle hésita à acheter son billet à l'un des distributeurs automatiques qui s'étalaient contre le mur, c'était une torture d'être obligée d'étaler, une fois de plus, ses maigres connaissances en anglais, mais elle avait trop peur de se tromper, elle préféra donc s'adresser à un guichetier -One ticket to Leicester Square, please... Le préposé haussa légèrement les sourcils mais lui tendit cependant ce qu'elle demandait. Gaëlle soupira, décidément il lui était très désagréable de se faire passer pour une idiote chaque fois qu 'elle ouvrait la bouche mais finalement quelle importance.... Elle se dirigea vers ce qui semblait être le plan du métro mais ce n'était qu'un enchevêtrement de lignes de toutes les couleurs qui montaient, descendaient , s'arrêtaient parfois..... La jeune femme resta quelques minutes la bouche ouverte, c'était donc cela LE « tube » -Mince ! pensa-t'elle, il y a bien plus d'un tube là- dedans, comment choisir le bon ? Elle étudia attentivement le plan afin de ne pas se tromper Ah ! voilà murmura- t-elle enfin tout bas, la ligne centrale jusqu'à Holborn et puis, reprendre la ligne bleu jusqu'à Leicester. Elle passa le portique automatique et posa le pied sur l'interminable escalier roulant, elle avait l'impression de descendre dans les entrailles de la terre, sa respiration commençait à s'accélérer, elle avait horreur de ça ! Elle se trouvait à présent dans un véritable labyrinthe et dans ce dédale de couloirs, Thomas était partout. Elle voyait en effet l'affiche du film s'étaler presque tous les cinq mètres, Gaëlle respirait de plus en plus péniblement...... Un bourdonnement sourd commençait à retentir dans sa tête elle s'arrêta un instant pour s'appuyer contre le mur. Il fallait qu'elle se reprenne, elle ouvrit les yeux, elle voyait le jeune garçon basculant sur chaque publicité dans le bleu d 'un miroir gigantesque et elle se remémorait sa voix murmurant terrifiée dans son rêve les mot « Help me » Elle devait se ressaisir, elle était peut-être claustrophobe, mais ce n'était pas le moment d'en rajouter en pensant à Thomas ! -Bouge-toi, dit-elle tout bas, tu vas me faire le plaisir de te décoller de ce mur et de monter dans ce fichu métro ! Elle donna un grand coup de poing contre le mur et se remit en route. Gaëlle avait dû faire preuve de beaucoup de courage, mais ce fut payant car dix minutes plus tard, elle remontait en courant les marches du métro et émergeait enfin à la lumière du jour. Elle ne s'était pas trompée de rame, elle était arrivée à destination, c'était incroyable, pour un peu, elle aurait embrassé tout le monde ! Mais ça lui aurait fait perdre beaucoup trop de temps ! |