Le Miroir partie 8 
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Chapitre VIII : En route pour l'Angleterre Revenons un peu plus tôt dans notre histoire..... La semaine séparant Gaëlle de ce fameux vendredi avait été vécue par elle comme une épreuve. Elle avait plus que jamais essayé d'éviter son mari. Elle avait peur qu'un regard, un geste ne dévoile ses intentions. Si Vincent apprenait ce qu'elle préparait, elle pouvait dire adieu à son voyage ! Elle avait l'impression de le trahir, mais avait-elle vraiment le choix ? Il était impossible qu'il la comprenne ; elle savait qu'il n'essayerait même pas. Il la regarderait comme s'il la voyait pour la première fois, comme s'il découvrait après tout ce temps que sa femme était en fait un être anormal. Elle savait qu'elle ne pourrait supporter le regard qu'il poserait sur elle à ce moment. Oh ! bien sûr, elle se doutait que son départ aurait des conséquences peut-être définitives, peut-être que Vincent la quitterait, peut-être qu'elle devrait recommencer sa vie à zéro, tout ça à cause d'un rêve ou plutôt d'un gamin dont elle avait entendu la voix prononcer les mots « help me ». Ce sale gosse qu'elle avait pourtant de plus en plus de mal à détester malgré les mauvaises nuits qu'il lui faisait passer, ce sale gosse pour qui elle commençait à ressentir plus que de l'affection, cet enfant qui ne lui était rien auparavant mais qui depuis des semaines devenait tout. Elle était prête à tout quitter, tout affronter, pour s'assurer qu'il n'était rien arrivé à Thomas Robin et qu'il ne lui arriverait rien ! Tant pis si Vincent ne devait jamais lui pardonner, elle devait tenter quelque chose, il fallait qu'elle comprenne, ou du moins qu'elle essaie, elle ne pouvait rester là sans rien faire dans l'angoisse de ces cauchemars qui devenaient de plus en plus terrifiants. Gaëlle ne savait pas très bien ce qu'elle ferait une fois sur place mais elle était décidée à suivre pour une fois son instinct, le destin ferait peut-être le reste....... Son vol était prévu pour midi au départ du petit aéroport situé à un quart d'heure de chez elle et chose qui lui parut extrêmement bizarre au premier abord, l'arrivée du vol à Stansted était également prévue à midi . Lorsque son père lui donna les réservations, elle resta un moment interdite. Il rit de son étonnement et lui expliqua que l'Angleterre avait un décalage d'une heure par rapport à leur pays. -Au moins,tu ne perdras pas de temps ! Pas si sûr ! car Gaëlle avait un autre souci, et de taille : Stanted, ce n'était pas Londres. En principe, un train reliait l'aéroport à la capitale mais il y avait des perturbations sur la ligne ce vendredi, son père l'avait découvert en réservant les billets . Le train était remplacé par un service de bus qui mettaient plus d'une heure à rejoindre la capitale. le bus la déposerait à Liverpool Street et là, il lui faudrait prendre le métro afin de rejoindre Leicester Square. L'arrivée des acteurs pour la « première » était prévue à 14h, elle l'avait lu sur t.robin.com dès lors c'était un peu juste et Gaëlle tremblait qu'arrive le moindre problème. Si l'avion prenait du retard, si le bus mettait plus d'une heure, voire, si le métro était en grève ou qu'elle se trompe de ligne ! A peine Vincent avait-il quitté la maison ce jour-là, qu'elle s'était levée pour se préparer . Elle ne devait rien oublier ni la réservation de son vol aller-retour, ni la confirmation de l'hôtel qui lui était arrivée quelques jours plus tôt par e-mail. Elle avait l'impression de prendre la fuite.......c'était une très mauvaise impression ! Arrivée devant l'armoire du premier étage, elle sortit sa valise et s'immobilisa un instant. L'appareil photo et les objectifs étaient toujours là, rangés dans un grand sac kaki. La jeune femme le saisit et y jeta les films qu'elle avait acheté la veille. Elle s'occupa ensuite de recharger son flash; elle ne pensait pas qu'il lui serait utile, pas plus que son pied de voyage, mais elle décida cependant de les emporter l'un et l'autre. Gaëlle renonça à emporter des bagages trop encombrants. Il lui fallait quelque chose de léger pour le cas où elle n'aurait pas le temps de passer à l'hôtel auparavant, des sacs qu'elle pourrait porter à l'épaule. De toute façon, pour un seul jour...... Elle remplit l'assiette de Minou à ras bord au cas où Vincent l'oublierait et elle laissa un petit mot sur la table de la cuisine. Il ne lui restait plus qu'à attendre Arthur car c'était lui qui devait la déposer à l'aéroport ce matin, il avait d'ailleurs quelques minutes de retard. Gaëlle était nerveuse, si son père n'arrivait pas tout de suite, elle se demandait si elle aurait encore la force de quitter sa maison....... Elle pensait qu'elle laissait le confort d'une vie bien rangée pour l'inconnu. Si elle franchissait cette porte, elle ne pouvait prévoir ce qui arriverait ; peut-être ne pourrait-elle même plus remettre les pieds ici . La pile de revues était toujours entassée près du téléphone, elle y posa les yeux et vit le sourire de Thomas, à ce moment là retentit deux coups de klaxons, sa décision était prise , elle partait ! Gaëlle sortit dans l'allée en courant et monta dans la voiture en essayant de penser le moins possible ! Arthur questionna : -Ça va ma fille !? -Démarre papa, vite, vite... avant que je ne change d'avis ! La jeune femme préféra n'échanger aucun mot durant le trajet, comme si le simple fait de parler avait pu altérer sa détermination. Elle concentra son regard sur la route, et continua à faire le vide dans sa tête. Ils roulaient depuis une bonne dizaine de minutes, lorsqu'ils aperçurent au loin les bâtiment de l'aéroport. Gaëlle consulta sa montre et vit qu'elle retardait, et pas d'un peu ! Il était en effet onze heure à l'horloge de la voiture lorsqu'il pénétrèrent dans le parking mais la montre de la jeune femme, elle, indiquait 8h45. Elle paraissait pourtant fonctionner normalement, sauf que les aiguilles refusaient obstinément de bouger..... La jeune femme l'enleva de son bras, la secoua......ça y est, elle redémarrait enfin.... Gaëlle la remit à son poignet, modifia l'heure et ne s'en préoccupa plus, elle avait d'autres sujets de tracas en ce moment pour prêter attention à ce détail...... Le petit aéroport débordait en effet de monde en ce début septembre, Gaëlle, qui ne supportait que très moyennement la foule, se sentit légèrement mal à l'aise, elle s'efforça néanmoins de ne pas le montrer. Il fallait qu'elle se reprenne, si elle avait déjà du mal à entrer dans ce hall autant retourner tout de suite chez elle ! Son père l'aida à faire enregistrer ses bagages et la quitta devant la porte donnant accès aux fouilles. -Et bien voilà ! dit Gaëlle, je suis peut-être en train de commettre la pire bêtise de toute ma vie ! Tu peux me dire ce que je vais faire là-bas ? -Des photos, quelle question ! répondit Arthur La jeune femme sourit -Au revoir papa ! elle l'embrassa et se dirigea doucement vers la porte à reculons -Oh ! Essaye d'aller voir Vincent, je crois.... Je crois qu'il va avoir du mal à me pardonner. -De quoi ? de devoir pour une fois préparer son repas lui-même ? -Je t'aime papa ! -Fais mes amitiés à Thomas Robin, tu as bien potassé ton anglais au moins ! Gaëlle lui fit un geste de la main qui voulait dire « sans commentaire » et elle passa la porte. Elle passa ensuite dix bonnes minutes à la fouille à déclencher sans raison l'alarme, au bout de cinq passages et d'une inspection en règle, elle fut enfin autorisée à rejoindre le petit hall d'embarquement. Décidément ça commençait bien ! De l'autre côté de l'immense baie vitrée étaient alignés une dizaine d'avions, tous de la même compagnie . Gaëlle pensa que cet endroit ressemblait davantage à une gare qu'à un aéroport et s'en réjouit, il n'y avait qu'une seule porte d'embarquement, il y avait déjà moins de risque de se tromper . Elle attendit de longues minutes interminables en pensant à Vincent qui devait prendre sa pose de midi mais, en y réfléchissant bien, il devait simplement grignoter son sandwich tout en continuant de travailler, son mari ne faisait jamais de pose ! L'embarquement de son vol commença enfin ! Gaëlle pu enfin approcher l'engin qu'elle redoutait tant : l'avion Elle trouva une place à côté d'un hublot. Pourquoi l'avait-elle choisie, alors qu'auparavant, elle se serait cru incapable de regarder le sol s'éloigner sans éprouver un sentiment de panique mais là, au contraire, elle se sentait soulagée, comme si quitter la terre ferme l'arrachait momentanément à ses problèmes et puis, elle avait bien d'autres raisons de paniquer en ce moment ! Bientôt, elle se retrouverait de l'autre côté de la Manche, seule dans un pays qu'elle ne connaissait pas, à tenter.......mais à tenter quoi au fait ? D'approcher Thomas Robin, ce serait déjà probablement impossible ......mais ensuite, si elle y arrivait, que ferait-elle ? Il lui aurait été déjà difficile de trouver les mots en français alors dans une autre langue ! Elle n'avait d'ailleurs trouver aucune formule pour cette circonstance dans la méthode « apprenez l'anglais en vingt jours » . Il est vrai qu'elle n'avait étudié son bouquin que quinze jours. C'était peut-être suffisant pour arriver à se commander à manger mais pour le reste ........ L'avion survolait à présent la mer . Gaëlle accepta le café proposé par l'hôtesse et retomba immédiatement dans ses pensées. Il devait bien y avoir un moyen.... oui, Il y avait certainement des centaines de moyens d'être prise pour un folle et de passer le reste de la journée dans un poste de police ! Tout cela était ridicule, elle n'était même pas sur de pouvoir se faire comprendre pour obtenir un simple autographe. Elle répéta cependant mentalement -Hello Thomas Robin, my name is Gaëlle......ça lui ferait une belle jambe ! How are you ? C'est évident, il allait très bien ! I would like to speak with you ...... et puis quoi dire ? You are in great danger? C'était complètement stupide, et de plus, avec son accent, il n'avait pas fini de rigoler ! Si même il parvenait à la comprendre ! D'ailleurs, elle ne savait même pas s'il était réellement en danger. Comment dire en anglais, peut-être ......éventuellement... ...mais ce n'est pas sûr.......mais on ne sait jamais ........ En fait, elle n'avait qu'un maigre espoir : une lettre qu'elle lui avait rédigée en écrivant de la main droite tout en tenant le dictionnaire français-anglais dans la gauche. Si elle pouvait lui passer ce papier .........mais s'il ne la croyait pas....tant pis, il fallait qu'elle essaye quand même. La jeune femme regardait depuis plusieurs minutes déjà la campagne anglaise s'étaler sous ses yeux lorsque enfin elle comprit que l'avion commençait sa descente vers l'aéroport de Stansted. Depuis plusieurs minutes déjà le voyant lumineux indiquant d'attacher sa ceinture était rallumé. Gaëlle, bien évidemment s'était bien gardée de détacher ce qui lui paraissait être son unique protection dans cet amas de ferrailles. Elle se demanda pourquoi l'hôtesse, au lieu de rassurer les passagers, passait cinq bonnes minutes en début de vol à indiquer ce qu'il fallait faire en cas d'accident. Gaëlle n'avait pas réussi à comprendre où se trouvait le fameux masque qu'elle devait apparemment placer devant son visage lorsque tout espoir était perdu et elle s'en trouvait quelque peu contrariée. Elle avait été pourtant presque la seule à faire attention aux explications du personnel de bord mais à quoi cela pouvait bien lui servir puisqu'elle n'avait même pas compris où se trouvait ce fichu masque ! |