T and Co Editions - Michelle Huenaerts
Venez découvrir entre polar et fantastique le monde d'un jeune garçon étonnant appelé Thomas Robin.
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Michelle Huenaerts
Photo : François B
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Thomas Robin
Il pensait être un acteur célèbre... Il va découvrir que le destin lui a réservé un avenir bien plus étonnant.... Lorsque Scotland Yard rencontre le surnaturel, l'inspecteur Sam Gallager pourra-t-il comprendre ce destin et sauver Thomas Robin? .. Osez la magie : découvrez Thomas Robin et Sam Gallager dans : L'Ecorce d'Or
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02-07-2009 Général
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Le Miroir

partie 2

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Chapitre 2 : Un reflet dans l'eau

__________________________

 

Pour débuter notre histoire, nous devons remonter le temps. Nous sommes au début du mois de juillet et l'été a, semble- t-il, décidé de prendre de bonnes résolutions et de nous épargner le ciel gris et pluvieux qu'il nous a réservé ces dernières années à pareille époque.

Un soleil chaud, mais pas encore brûlant, inonde les campagnes de la région et il flotte dans l'air comme une envie de ne rien faire.

Les cours de Gaëlle, à son grand soulagement, étaient terminés depuis une semaine.

Elle enseignait la photographie depuis cinq ans au Lycée Charles Finet, un illustre inconnu pour elle, qui avait dû pourtant être célèbre un jour puisqu'il avait donné son nom à une école.

La jeune femme était tombée officiellement malade trois fois durant cette année et pendant plusieurs jours, ce qui lui avait valu le reproche muet mais sans équivoque de son directeur, Monsieur Pichet.

Les mots revenant sur ses certificats médicaux : fatigue, surmenage, voir dépression ne l'avait pas convaincu.

Il semblait croire que Gaëlle était simplement tire- au- flanc et la jeune femme était certaine qu'il devait déjà penser au moyen de s'en débarrasser à la rentrée prochaine.

Gaëlle savait qu 'elle n'avait jamais été en dépression, le médecin avait utilisé ces mots faute de trouver réellement de quoi elle souffrait. Elle était déprimée et il y avait de quoi, mais pas dépressive.

En fait, les problèmes avaient commencé au début de l'année scolaire. Chaque nuit, elle faisait des cauchemars qui la réveillaient en sursaut le matin et la laissaient, pendant de longues minutes, complètement apeurée.

Le problème, c'est qu'elle ne se souvenait jamais de ses rêves......

Vincent, couché à côté d'elle, avait le sommeil trop profond pour avoir remarqué quoi que ce soit. Elle se levait, prenait une douche et descendait boire un café, alors, seulement, elle commençait à se sentir mieux.

Mieux, mais à ce rythme là, la fatigue avait vite pris le dessus et il faut avouer, qu'instinctivement, par peur, Gaëlle repoussait le moment de monter se coucher prétextant toutes sortes d'excuses, depuis le programme TV qu'elle ne voulait absolument pas rater jusqu'à une surcharge de travail pour le lendemain.

Les relations du couple en avaient quelque peu souffert à tous niveaux ; Gaëlle le pensait, mais Vincent, cette année, avait de tels projets d'expansion qu'il n'avait pas semblé se rendre compte de la situation ; il avait en effet fait agrandir et rénover complètement sa petite banque en achetant la maison des Dubois partis s'exiler à l'étranger.

Vincent n'avait parlé que de cela pendant plusieurs semaines, elle, au contraire, avait gardé ses problèmes pour elle et n'avait parlé de rien à son mari.

Un beau matin, cependant, il y avait maintenant presque trois mois, elle s'était enfin réveillée calme et reposée et

depuis, à son grand soulagement, ses frayeurs nocturnes étaient parties et elle l'espérait, pour toujours !

 

C'est malgré tout avec un grand soulagement qu'elle accueillait la fin du mois de juin et les congés scolaires lui apparaissaient comme une oasis espérée depuis longtemps.

En ce début d'après midi, elle avait décidé de se rendre seule au parc de Gomezée Le Château situé à trois kilomètres de sa maison.

Il ne restait plus de la forteresse que de hautes murailles calcinées et quelques gravats de pierres ici et là.

Le tout avait été incendié il y a plus de trois cent ans et Gaëlle n'avait jamais cherché à savoir par qui.

Les ruines étaient entourées d'un immense parc où toutes les familles du coin se donnaient rendez-vous le week-end quand il faisait beau.

L'entrée était l'endroit le plus fréquenté avec son bac à sable, ses balançoires et toboggans.

La jeune femme, elle, préférait s'enfoncer un peu plus loin, à l'intérieur, et retrouver les jardins.

Ils étaient constitués de longues allées, bordées de chaque côté par de magnifiques massifs floraux et quelques statues de pierre.

Un peu plus loin, on pouvait s'asseoir près d'une petite pièce d'eau où quelques poissons rouges frétillaient gaiement pour disparaître quelquefois sous les feuilles d'un ou l'autre nymphéa.

Elle adorait cet endroit et, lorsqu'il faisait beau et que Vincent décidait de faire des heures supplémentaires, ce qui était justement le cas ce dimanche (incroyable, non !), elle prenait un bouquin ou des revues, se collait un walkman sur les oreilles et allait s'asseoir au bord de l'eau pour passer là une partie de l'après-midi.

 

L'endroit était magnifique et Gaëlle aurait pu y prendre des centaines de photos, mais voilà, depuis déjà un moment, l'appareil ne quittait plus son étui, films, boîtiers et objectifs étaient abandonnés dans une armoire au premier étage.

La jeune femme n'avait plus voulu y toucher depuis une certaine exposition qu'elle avait organisée au centre culturel de Gomezée le Château. Elle était très fière de ses images et avait invité, pour l'occasion, la moitié des gens de la petite bourgade.

Vincent l'avait accompagnée en traînant les pieds. Si sa femme trouvait amusant ce genre d'activité, pourquoi pas, faire ça ou s'abonner à un club de gym, mais pourquoi l'obliger à y participer ?......

Ses parents, eux, étaient ravis ; sa mère, Edith, était sa plus fervente admiratrice.

Son père, qui peignait des tableaux signés de son nom  « Loiseau » et qui jouissait d'une petite notoriété dans la région, pensait que sa fille avait un réel talent.

Edith trouvait toujours tout admirable, Arthur était plus critique mais il était également très heureux que sa fille ait choisi une voie artistique.

Tout s'était bien passé jusqu'au discours d'inauguration.

Puis......Ce fut l'horreur !

Le directeur du centre arriva en effet complètement saoul et lança à haute voix qu'Arthur Loiseau avait fait des pieds et des mains pour que Gaëlle obtienne la salle d'exposition.

 

La jeune femme était devenue rouge de honte, son père avait soudainement disparu derrière un panneau d'accrochage et sa mère s'était donné pour objectif d'essayer de la convaincre que tout était faux mais voilà, Edith n'avait pas su être assez persuasive et puis de toute façon, le mal était fait, elle avait l'impression de passer pour une pistonnée sans talent. Elle s'était retirée dans un coin de la salle en essayant de retenir ses larmes et de faire bonne figure aux invités mais lorsque la soirée s'était achevée, elle s'était sentie complètement vide.

Son mari, qui avait passé la soirée près du buffet à manger et siffler quelques verres, ne s'était aperçu de rien. Gaëlle ne lui parla pas de sa peine mais lorsque l'exposition se termina deux semaines plus tard, elle déchira en mille morceaux ses photos et les abandonna dans un sac poubelle sur le trottoir.

Depuis, et il y avait un peu plus d'un an de cela, la jeune femme s'était contentée d'enseigner.

Elle avait pourtant eu la chance de visiter Rome et Venise, villes qu'elle avait toujours souhaité figer sur pellicule.

La belle Venise dans les tons rose du matin, Rome à la tombée de la nuit à la lueur des éclairages artificiels qui faisaient naître comme des feux de camps au milieu des ruines. Elle n'avait rien immortalisé de tout cela, en fait, elle n'avait plus rien photographié du tout.

  

Un père trop connu et admiré, une mère un peu trop indulgente, un mari tellement occupé qu'il semblait parfois avoir complètement oublié son existence et la blessure au cœur à la pensée qu'elle n'avait aucun talent puisqu'elle n'avait jamais remporté un seul des concours artistiques auxquels elle avait participé......

Sa mère disait que ça n'avait aucune importance, Gaëlle pensait au contraire que ça en avait beaucoup......

Le mieux était de ne penser à rien et de profiter de cette merveilleuse journée ensoleillée.

Elle regardait fixement les petits poissons qui nageaient à travers son propre reflet, le reflet d'une jeune femme aux grands yeux bleus et aux longs cheveux foncés, retenus en arrière en queue de cheval.

Elle s'attarda un instant à son image.

C'est alors que quelque chose se produisit.

Un autre regard, du même bleu profond, s'était substitué au sien à la surface de l'eau. Gaëlle élargit son champ de vision, ce n'était plus elle qui se reflétait dans l'étang, à la place, se tenait un jeune garçon.

Il pouvait avoir onze ou douze ans.

La jeune femme voyait des yeux de la même couleur que les siens et des cheveux foncés juste un peu trop longs avec quelques fines mèches lui retombant sur le front. Le gamin portait un jean largement déchiré juste au-dessus du genou droit et un pull-over rouge.

Ce qu'il y avait de plus étonnant chez lui, c'était son sourire, il était incroyable ce sourire, à la limite de l'éclat de rire, il ne semblait pourtant nullement fabriqué, il témoignait simplement d'un bonheur immense.

Ce garçon paraissait être, en fait, la personne la plus heureuse de la terre.

Gaëlle en fut légèrement agacée, elle qui, en ce moment, se sentait quelque peu déprimée. Que devait-il vivre pour apparaître si confiant ?

Elle devait malgré tout s'avouer qu'il était complètement « craquant » avec ses petites fossettes logées de chaque côté des joues et Gaëlle se mit à rêver qu'elle aurait pu être la maman d'un petit bout de cet âge.

Elle avait cependant un peu peur de lever les yeux, un reflet heureux était déjà agaçant, alors être confrontée à un être réel... Quelque chose lui semblait cependant étrange : son propre reflet ne lui apparaissait plus !

Bien que photographe, elle n'avait jamais été très douée en optique, mais, quand même, chaque chose à son reflet, non ? Et un reflet ne peut en chasser un autre !

Elle décida de relever la tête, mais aussi incroyable que cela puisse paraître, il n'y avait pas le moindre garçon à côté d'elle.

 A suivre...... Michelle Huenaerts

 


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02-07-2009, 22:30:22 Michelle

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